Ce soir comme à chaque élocution de notre Président un dilemme s’installe en moi : fuir ou combattre ?

Qu’entends-je par fuir ? Rester sur ma posture d’entrepreneur et soutenir les soignants et étudiants dans ma nouvelle posture.

Combattre en arrêtant tout et aider mes collègues qui sont au front depuis un an.

Lors de mes posts, articles où je vous demande vos besoins, peut-être vous dites vous « mais pourquoi elle n’enfile donc pas sa blouse ? »

Panser ses plaits

Si vous me suivez, vous avez compris que c’est un parcours difficile qui m’a amené à ma reconversion.

Malgré une certaine pudeur, je ne peux vous cacher que ces dernières années j’ai souvent été de l’autre côté.

J’ai du combattre sur plusieurs terrains, santé, perso, pro… et dans tout se marasme j’y ai laissé des plûmes au passage.

Tout au long de ma carrière, j’ai pu avancer quand mon travail avait du sens, sans cela je me perdais. Je fonçais tête baissée amassant le plus de tâches possible. Se surmener pour oublier son quotidien. Fuir une réalité qu’on a pas envie d’exposer, s’user à combattre éternellement.

Alors, j’ai du devenir égoïste, penser à moi et panser toutes les blessures accumulées.

Se défaire de la culpabilité

Encore une fois, j’entends cette petite voix qui me dit « Mais pourquoi tu n’y va pas ? Ils ont besoin de toi ! »

Avec la plus grande humilité, je peux vous avouer que mon temps est révolu. Que même si mes mains connaissent les gestes, mon cerveau la théorie, mon âme et mon cœur eux n’ont pas récupéré l’énergie pour être efficace.

A ceux qui pensent qu’on arrive à se « blinder » à force de côtoyer la mort, la souffrance et la maladie, je réponds NON.

Notre métier est fait de rapport humain, de relation d’aide et chaque personne mérite un soignant prêt à l’épauler à ses côtés.

Difficile d’avoir cette posture quand soi-même on poursuit la voix de la convalescence.

Accepter sa place

Dans notre société on entend souvent « je me sens en décalage, je trouve pas ma place ». J’ai appris récemment que c’était à moi de prendre ma place, personne n’allait le faire pour moi, me dire « tu dois être là ».

Alors, ma place aujourd’hui est celle que j’occupe. J’ai toutes les compétences, l’expérience du terrain en tant que soignante et patiente pour épauler les équipes et étudiants comme ils le méritent.

Il n’est pas question de fuir ou de combattre, mais d’être à ma place à leur côté. Etre efficace avec mon champ de compétence, et proposer des actions où tout mon être est aligné.

Aujourd’hui, je n’avais pas prévu de me livrer ainsi, mais je trouve pertinent de faire preuve de transparence et d’authenticité.

C’est ce qui parle au personnel soignant, pas de grande théorie, de formule magique, mais du vécu. Mon histoire a modifié ma vision du soin. Aujourd’hui plus que jamais c’est de chaque blouse que je veux apaiser le quotidien.

Utopique, idéaliste, rêveuse tant pis pour ceux qui n’y crois pas. Moi j’ai foi en ma vision du travail de demain.

Un nouveau monde où l’humain sera valorisé sur son lieu de travail par des temps dédiés à son bien-être car les étudiants et salariés sont précieux il faut les préserver !

Je suis là pour ça, contactez moi.